« Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi », Jean Christophe RUFIN

immortellerandonnee

Editions : Editions Guérin – Chamonix , 259 pages
Parution : mars 2013
Titre : Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi
Auteur : Jean Christophe RUFIN de l’Académie française
Genre : Récit de voyage littéraire
ISBN : 978-2-35221-061-0

Quatrième de couverture :

Jean Christophe Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le « Chemin du Nord » jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.
« Chaque fois que l’on m’a posé la question : « Pourquoi êtes vous allé à Santiago? », j’ai été bien en peine de répondre. Comment expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s’y engager? On est parti, voilà tout. »
Galerie de portraits savoureuse, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d’autodérision plein d’humour et d’émerveillement, « Immortelle randonnée » se classe parmi les grands récits de voyage littéraire.

Mon avis :

Lire Jean Christophe Rufin me faisait peur, certainement à tort et du fait du statut d’Académicien de l’auteur, j’imaginais un livre inaccessible au lecteur moyen. J’ai eu tort, car j’ai, au contraire, découvert une très jolie plume,  jamais affectée ni prétentieuse au ton juste, accessible et enjoué à la mesure de l’enthousiasme et de l’entrain de l’auteur à parcourir le chemin, même dans les moments les plus difficiles et les moins pitoresques.
Le Chemin de Compostelle relate le trajet d’un pèlerin hors du commun : Jean Christophe Rufin. Médecin, ex ambassadeur de France au Sénégal, membre de l’Académie française, Jen Christophe Rufin a choisi de parcourir le Camino del Norte (Chemin du Nord) qui part de Hendaye et longe la côte sauvage sur 800 kilomètres en passant par Bilbao et Oviedo.

Jean Christophe Rufin  évoque la manière dont il a parcouru et vécu son chemin et nous invite à participer à la progression de sa réflexion personnelle. Il nous fait découvrir comment , happé par le chemin, il a progressivement  fait le vide dans son esprit afin de tenter d’apporter des réponses sur lui même. A l’écoute et à l’observation de la nature et de son corps, Jean Christophe Rufin accroit sa sensibilité à tout paysage et à toutes les rencontres et nous fait partager sa réflexion sur son rôle dans la société.
Dans ce récit, j’en ai d’ailleurs été étonnée, vu le thème, la dimension spirituelle est simplement et brièvement évoquée mais ne prédominera jamais sur les autres sentiments que nous fait partager l’auteur. Cet ouvrage est davantage une quête initiatique sur soi même qu’un pèlerinage religieux.

Certains passages sont particulièrement vrais comme celui où le pèlerin attribue beaucoup de place à son sac à dos. J’ai trouvé très juste la philosophie du sac assimilée à la philosophie de la vie  qui part du principe que « Le poids, c’est de la peur ». On abandonne ses peurs dans ses objets et en rentrant on fait le vide dans sa vie, on fait un tri de ce qui compte ou pas.  Au fur et à mesure du récit, nous voyons Jean Christophe Rufin, changer physiquement mais également moralement, les choses ne revêtent plus la même importance à ses yeux, il priorise, classifie. Le chemin révèle alors sa puissance psychologique sur l’homme et amorce un changement de mentalité.

Conclusion

« Immortelle randonnée » est un livre fascinant d’aventures de randonnées sur un chemin de pèlerin, il est étonnamment rempli d’humour et d’anecdotes qui font que l’on se sent proche de l’auteur. Je me demande qui, à la lecture de ce livre, n’a pas rêvé de s’élancer à son tour sur ce chemin. Cet ouvrage  m’a permis de découvrir l’auteur avec qui je compte poursuivre mon chemin livresque. Ce fut une excellente lecture inattendue.

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17 réflexions au sujet de « « Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi », Jean Christophe RUFIN »

  1. Merci pour cette chronique car depuis un moment j’hésite à découvrir cet auteur car comme toi je pensais que cela était inaccessible au lecteur moyen 😉 je vais donc voir ça.

  2. Au sortir de ce périple le lecteur reste néanmoins légèrement déçu, l’écrivain trop pudique nous laisse dans l’attente non satisfaite. Pas assez de détails terre-à-terre sur la souffrance physique et ses aspects corollaires physiologiques, pas assez de profondeur dans la réflexion spirituelle ; tout cela est évoqué certes, mais sans ostentation et en termes humbles, un peu lénifiants. L’auteur n’est d’ailleurs pas dupe puisqu’il écrit « Je ne sais pas expliquer en quoi le Chemin agit et ce qu’il représente vraiment. Je sais seulement qu’il est vivant et qu’on ne peut rien en raconter sauf le tout, comme je m’y suis employé. Mais, même comme cela, l’essentiel manque et je le sais. » Et de conclure qu’il reprendra la route.

    Sur le même sujet, j’avoue avoir préféré le bouquin d’Alix de Saint-André, En avant route, plus enjoué et concret. Deux écrivains au caractère bien différent qui à partir d’un même sujet, tirent deux livres diamétralement opposés, c’est cela aussi la littérature.

    • La réflexion spirituelle ne prédomine certes pas et c’est justement ce qui m’a plu dans cet ouvrage. Concernant l’ouvrage d’Alix de Saint André j’en avais noté les références et je compte bien entendu me le procurer.

  3. J’avais beaucoup aimé la plume de Jean-Christophe Ruffin dans l’Abyssin, le seul roman que j’ai lu pour l’instant de lui.
    Et je dois t’avouer que j’étais intriguée par Immortelle randonnée. J’avais peur que la dimension mystique prenne trop de place. Ce que tu en dis dans ton billet me rassure et me donne envie de noter la référence.

    • Et il y a la manière de voir tout ce qui l’entoure dans ce pèlerinage qui est plutôt humoristique . Il est très agréable à lire.
      Moi aussi je note ta référence car je vais poursuivre ma découverte de l’auteur.

  4. Une jolie surprise que ce livre! j’ai apprécié que l’auteur n’écrive sur son voyage qu’après coup. On évite ainsi trop de détails. Là aussi les livres de voyage mériteraient d’être allégés.

    • J’ai aussi apprécié que l’auteur n’écrive qu’après coup et ne garde que l’essentiel. Il faut à tout prix que je lise le chemin de Compostelle par Alix de Saint André, on n’en dit que du bien. Ce serait intéressant de pouvoir comparer les deux ouvrages.

  5. Je compte le lire, j’avais beaucoup aimé celui d’Alix de Saint André. Il est surement intéressant de comparer les deux. J’ai lu dès sa sortie Le collier rouge de Rufin et j’ai vraiment beaucoup aimé.

  6. Je me retrouve bien dans ton billet même si je n’ai pas eu envie de me lancer dans ce chemin avec cette lecture, j’ai même eu l’impression de l’avoir un peu faite avec lui cette immortelle randonnée!!

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