« Tu mourras moins bête » – Quoi de neuf, Docteur Moustache ? Marion Montaigne

Marion Montaigne
Editions : Ankama
Parution : 13 septembre 2012
Titre : « Tu mourras moins bête » Tome 2 – Quoi de neuf, Docteur Moustache ?
Prix du public Cultura du Festival d’Angoulême 2013
Nombre de pages : 252 pages
Auteur : Marion Montaigne
Genre: BD

Synopsis :

Après avoir brillamment démystifié la science au cinéma, Marion Montaigne s’attaque à… votre corps ! Si vous croyez que l’apoptose est une maladie des pieds ou si vous pensez que le « stade anal » est un lieu de concert de 100 000 personnes, alors ce livre est fait pour vous !
Grâce à son programme « cinq rires et légumes par jour », la Professeure Moustache vous promet un esprit sain dans un cornichon !

Mon avis :

Après un premier tome consacré au cinéma, Marion Montaigne nous présente dans ce second tome le fonctionnement du corps humain. Chaque thème est traité en un chapitre comportant plusieurs pages de petits dessins amusants  à la présentation claire et plaisante. Les couleurs sont douces et peu agressives, l’ouvrage est très agréable à lire.

La plupart des  thèmes sont  bien choisis et bien traités et apportent  une réponse claire aux interrogations des lecteurs. Cependant quelques sujets m’ont paru totalement incongrus. Par exemple, je n’ai pas aimé la question de savoir si la la tête décapitée vit encore. Ces passages, relativement peu nombreux  ont pourtant assombri ma lecture.

Si je ressors avec un avis mitigé c’est uniquement pour cette dernière raison car j’ai  beaucoup aimé l’idée de la vulgarisation scientifique du corps humain même si elle n’est pas révolutionnaire ( la série télévisée « Il était une fois la vie » date de 1987 ) et du mélange humoristique bien documenté mais je n’ai pas été sensible à  l’interprétation de certains thèmes. Hormis ces quelques indélicatesses, j’ai apprécié l’ensemble du travail de l’auteure.
Je conserve l’envie de découvrir le tome 1, le sujet le cinéma me tente davantage. Mais si vous aimez le corps humain et ses mystères, l’humour décalé, ce livre est fait pour vous. Le docteur Moustache répondra à toutes vos interrogations.

 

« Lonely Betty » Christophe MERLIN

lonelybetty

Editions :  Sarbacanne,  64 pages
Parution : Août 2014
Titre : « Lonely Betty »
Dessins : Christophe MERLIN
Scénario : Joseph INCARDONA
Genre: BD – Polar

Synopsis :

Betty Holmes s’apprête à fêter ses 100 ans dans maison de retraite d’une petite ville du Maine. Betty a perdu l’usage de la parole alors, qu’institutrice, elle fut relevée de ses fonctions après la disparition de deux de ses élèves, les frères Harrys.
Lorsque le gâteau d’anniversaire arrive, Betty se met soudainement à parler…

Mon avis :

La BD « Lonely Betty » est  tirée de l’adaptation du roman « Lonely Betty » de Joseph Incardona. Nous sommes ici en présence d’un polar noir à l’ambiance particulière accentuée par des effets de colorisation.  La mise en scène est merveilleusement bien réussie et les nombreux personnages présentés ont tous un caractère bien trempé.
L’ intrigue qui nous est proposée contient de nombreuses références ( je vous laisse le plaisir de les découvrir) et constitue un bel hommage à un maitre du polar. L’idée est plutôt originale et surprenante et à le mérite de nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page plutôt inattendue.

J’ai beaucoup aimé les superbes planches au graphisme soigné et aux couleurs profondes de toute beauté, de jolis contrastes qui concourent au plaisir d’une excellente lecture. Certaines planches ont une présentation originale  Cette BD est une belle réussite, je vous conseille de la découvrir.

« Un printemps à Tchernobyl », Emmanuel Lepage

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage

Editions : Futuropolis ,  168 pages.
Parution : 2012
Titre : « Un printemps à Tchernobyl« 
Auteur : Emmanuel Lepage
Genre : BD – Témoignage historique

Grand prix de l’affiche 2012 au festival festival Quai des Bulles à St Malo.

Quatrième de couverture :

Le 26 Avril 1986, le plus grave accident nucléaire feu XXe siècle se produit à Tchernobyl, en Ukraine.
Vingt deux ans plus tard, jour pour jour, Emmanuel Lepage se rend sur les lieux de la catastrophe.
 » Dans ce métier, seul à gratter sur ma planche, j’ai souvent l’impression de voir
le monde à travers une vitre. D’être  » à côté « .
 » Cette fois-ci, le monde, je le sentirai dans ma peau !
Bien sûr, c’était risqué…
Mais tellement excitant !
J’allais découvrir des terres interdites où rôde la mort. « 

Mon avis :

Cette BD est un authentique et très pudique témoignage sur la catastrophe nucléaire engendrée par la fonte d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl. A l’aide de fusains, aquarelles, crayons, Emmanuel Lepage élabore un carnet de voyage d’un genre un peu particulier : il retrace sa découverte des terres interdites de la région de Tchernobyl.

Après un bref retour sur l’histoire et sur celle du trajet du nuage nucléaire de Tchernobyl et du déni français, Emmanuel Lepage accompagné de quelques artistes français partent avec le projet d’installer une résidence d’artistes à Tchernobyl car l’artiste est à même de témoigner, quelques uns d’ailleurs sont impliqués dans la lutte contre le nucléaire.
Triste arrivée à Tchernobyl, ville fantôme grise,  qui apparaît sinistre sous la pluie, ses bâtiments déserts et ses paysages désolés. Emmanuel Lepage nous montre comment sur place la vie s’organise et  retrace ses rencontres avec la population, des gens simples et frappés par la contamination et nous montre que l’intégration se fait spontanément.
Alors, sur place, commence un travail de mémoire, un travail constamment ponctué par les crépitements du dosimètre mesurant la radioactivité, un dessin qu’il faut accomplir très rapidement pour ne rien oublier car le temps de la visite est compté. Les coups de crayons s’accélèrent, alors que l’ambiance devient de plus en plus angoissante. Les premières impressions retracent des paysages  sombres  et abandonnés, les traits de crayons sont tristes.
Mais la palette aux couleurs sombres à sépia tourne peu à peu au vert, à ce vert qui représente la vie végétale qui renait en ce printemps. Plus le temps avance, et plus le groupe découvre une nature verte qui ne parait pas contaminée. C’est un signe qui leur permet d’oublier l’angoisse de la contamination. La nature est resplendissante malgré l’horreur de la catastrophe toujours présente dans les esprits.  Emmanuel Lepage  y perd le fil du temps et l’intensité de l’horreur qu’il était venu figer sur son dessin. Viennent ensuite de magnifiques planches d’un printemps comme tous les printemps du monde, presque bucolique en plein centre de la zone interdite. Ce sont des planches irréalistes et de toute beauté qu’Emmanuel Lepage nous offre, parfois en pleine page.

Les quelques semaines vécues à Tchernobyl par cette équipe d’artistes permet de poser une réflexion sur le rôle de l’artiste peintre dans ce type de catastrophe: comment reproduire l’invisible ? comment transmettre la sensation de danger imminent dans tout ce qui nous entoure alors même que le cycle de renaissance de la nature a repris ses droits sur la mort. La vraie tragédie qui rode, c’est la quiétude car il ne faut jamais se laisser distraire ni tromper par les apparences de fausse quiétude de cette nature.
L’ouvrage dans son ensemble offre un sentiment de pèlerinage presque nostalgique de terres perdues.

Je tiens à partager avec vous  cette citation qui exprime pleinement le ressenti de l’auteur sur son expérience :
« Aurais-je pu imaginer vivre de tels moments à Tchernobyl, au coeur du désastre dont j’étais venu dessiner l’horreur ? J’ai la sensation de vivre pleinement, intensément ici et maintenant. »

Conclusion :

C’est très certainement l’une des BD les plus remarquables que j’ai pu lire à ce jour. Mon coup de coeur de cet été 2014 que je vous encourage à découvrir également. Incroyable talent du dessinateur à restituer les choses qui l’entourent ainsi que la menace invisible qui plane en permanence sur la zone interdite. J’ai apprécié la note finale de la BD sur un joli message d’espoir, en guise de conclusion, avec ces enfants qui jouent et rient comme tous les autres.

« Far Away », Jean-François et Maryse Charles et Gabriele Gamberini

far Away BD drame

Titre : Far Away, 144 pages
Auteurs : Jean-François Charles et Maryse Charles
Dessins : Gabriele Gamberini
Edition : Glénat
Parution : mars 2011
Genre : BD – Drame
ISBN :13-978-2723475105

Résumé :

Martin Bonsoir est chauffeur routier. Un soir, alors qu’une tempête de neige bat son plein, son camion se retrouve coincé dans un coin du Québec et Martin trouve refuge chez Esmé, une veuve qui vit dans une maison isolée. Le deux individus sympathisent et Esmé demande à Martin de partir sur la route avec lui…

Mon avis :

L’histoire est simple, les personnages sont communs et ne présentent aucun attrait particulier mais l’histoire devient de plus en plus émouvante au fur et à mesure de l’avancement de la lecture. Je l’ai cependant trouvée beaucoup trop en retenue, une retenue qui empêche le lecteur d’éprouver de l’empathie envers  les deux personnages principaux.
J’ai apprécié l’hymne aux immensités des espaces interminables américains parfaitement restitués et à la variété des paysages. Cependant le véritable attrait de cette BD ne se révèle que si l’on arrive à passer outre l’histoire banale et à s’attacher aux dessins.
En effet, les dessins de ce road-movie romantique sont sublimes, hyperréalistes au point d’être confondus avec des photos. Ils sont très fins, impressionnants et les couleurs représentées à merveille sont presque plus vraies que nature. Le voyage nous entraîne à la découverte des plaines du Minnesota en passant par le Mont Rushmore et le tout y est extrêmement bien rendu. Outre les paysages, les émotions des personnages passent essentiellement au travers des dessins et des couleurs .

Conclusion :

A condition de savoir passer outre l’histoire convenue et trop banale de ce road-movie et de ne s’attacher qu’au réalisme et à la beauté des dessins et des couleurs, j’ai trouvé que cette BD était une petite merveille au niveau du graphisme. Elle est un régal. Il est dommage que l’histoire trop simple n’en soit pas à la hauteur car elle aurait pu devenir mon coup de coeur de l’été 2014.

« Padraig » – Tome 1 : « Le chant de l’Irlande », Jean Ollivier et Max Lenvers

padraig1

Editions :  Pascal Galodé éditeurs,  48 pages
Collection Grand West
Parution : 2011
Titre : « PADRAIG – Le Chant de l’Irlande  » Tome 1
Auteur : Jean Ollivier et Max Lenvers
Couleurs et lettrage : Cyril Gicquel
Genre : BD – Aventure – Historique
ISBN : 978-2-35593-172-7

Quatrième de couverture :

Au milieu du XIX e siècle, à la mort de son dernier parent, Padraig Wantage, jeune capitaine de navire, descendant d’une riche famille dans l’Irlande colonisée, hérite du titre et de l’immense domaine. A la surprise générale, il abandonne l’ensemble du domaine à ses deux soeurs et leurs époux avant de rompre avec son ancienne vie. Commence alors un long voyage initiatique au coeur de l’Irlande qu’il parcourt à la recherche de son histoire, de ses racines, de son âme… Plus tard, il gagne Londres où il découvre l’existence d’un trésor. Déterminé à le trouver et à suivre sa destinée, il embarque sur le Bristol pour Singapour…

Mon avis :

Dans ce premier tome très dense, Padraig Wantage, le personnage principal, nous entraine à la recherche de ses racines et de son identité sur terres et en mer en nous délivrant une belle leçon d’histoire et de géographie. Les dessins sont superbes et pour qui connait les paysages irlandais, ils sont  si bien restitués  que l’on s’attarde avec plaisir pour les admirer. Il constituent un bel hommage à l’Irlande et à la mer. J’ai trouvé agréable de retrouver le classicisme des graphismes des BD d’y il a quelques années. La couverture de ce premier tome en est un des plus bel exemple. Une bonne description de la misère sociale et des bagarres courantes à l’époque y sont faites.

Un petit bémol cependant  au niveau du texte difficilement lisible lorsque le fond de la planche est sombre. C’est un détail  qui ralentit la lecture.

Conclusion :

Cette BD méconnue est pour moi une belle découverte que je compte poursuivre avec la lecture des tomes 2 et 3 des aventures de Padraig.

« Mardi 11 septembre »; Henrik Rehr

mardi11septembre

Editions : Vents d’Ouest ,  58 pages
Parution : 2003
Titre : « Mardi 11 Septembre ».
Auteur : Henrik REHR
Genre : BD – Autobiographie –

« Nous habitons à un bloc et demi du World Trade Center dans un ensemble d’appartements nommé le Gateway Plaza. A 8h45, le premier avion a frappé. »

Installé à New York depuis quelques années, le dessinateur danois Henrik Rehr est aux premières loges le 11 septembre 2001. Evacué d’urgence, sans nouvelle de sa femme et de son fils, il traverse une longue journée de cauchemar qui ravive en lui d’autres souvenirs difficiles. Une fois déjà, la mort avait pris rendez-vous avec sa famille…

Un récit poignant et intelligent.

Mon avis :

Le 11 septembre 2001, tout le monde s’en souvient. Vous pouvez probablement me dire    ce que vous étiez en train de faire lorsque vous avez appris la terrible nouvelle. J’étais très curieuse de lire le témoignage d’Henrik Rehr publié sous la forme originale d’une BD, et de savoir comment il avait traversé cette journée particulière.

Le format de l’ouvrage est un format moyen à la couverture cartonnée. Les traits sont précis. La BD est en noir et blanc ce que je regrette un peu car certaines cartouches sont assez sombres mais ont l’avantage de particulièrement bien restituer l’ambiance angoissante du moment.

L’histoire  d’Henrik Rehr est poignante car au delà de cette dramatique journée, elle fait ressurgir de nombreux souvenirs douloureux enfouis au fond de la mémoire de la famille. Il y inclus de nombreux flash-back qui retraçent son histoire personnelle.
Le témoignage est émouvant et le récit très digne car à aucun moment l’auteur ne s’apitoie sur son sort, mais il est aussi trop retenu à mon goût.

En bref :

Je vous conseille cette BD car c’est un témoignage authentique qui mérite d’être connu.  Ce fut une bonne lecture et surtout une invitation à parfaire mes connaissances du genre BD.