« Pétronille » Amélie Nothomb

Pétronille Amélie Nothomb

Edition : Albin Michel , 180 pages
Parution : Août 2014
Titre :  » Pétronille « 
Auteur : Amélie Nothomb
Genre : Roman contemporain.

Quatrième de couverture

« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Mon avis

Si vous avez lu mes précédentes chroniques sur les romans d’Amélie Nothomb ( ici et la) vous savez probablement que chaque année, à la fin du mois d’Août, j’attends avec impatience la parution de son nouveau roman.
Son cru de l’année 2014  s’appelle « Pétronille, c’est un mélange d’autobiographie fiction, deux genres que l’auteur affectionne particulièrement et qu’elle réunit dans son millésime 2014.

Dans ce roman, Pétronille, jeune écrivain en quête de reconnaissance et Amélie Nothomb nous entraînent dans leur quête d’amoureuses du Champagne. Pétronille n’aime pas boire seule et sa rencontre avec sa compagne de beuverie est un ode à la boisson dorée, à la France, aux livres mais aussi à l’amitié un peu particulière que tissent les deux femmes  dans une relation plutôt complexe de concurrence. Amélie devient lectrice de la romancière Pétronille Fanto. Le principal attrait du roman est justement l’étude de cette relation et la découverte d’une nouvelle facette de l’écrivain. J’ai aimé lire la manière humoristique très personnelle d’Amélie Nothomb de raconter les situations absurdes et des frasques de ses personnages et j’ai été complément  bluffée par la fin particulière.

J’ai trouvé agréable le mélange de la part de fiction et du réel, on y cherche le détail sur ce que l’on connait de la vie de l’auteur et à savoir si « Pétronille » est ou non un personnage de fiction. Mes recherches m’ont conduit à découvrir que Pétronille pourrait être une écrivain spécialiste en littérature élisabéthaine.

L’histoire est drôle, la fin est tragique et je ne m’y attendais pas du tout. Mais cette chute correspond plutôt bien au tempérament de l’auteur.

En conclusion

Le millésime 2014 ne sera pas un coup de coeur, même si j’ai passé un très bon moment en sa compagnie.  J’ai aimé suivre la relation entre les deux personnages mais au final ce roman a beaucoup moins su m’émouvoir que celui de l’année précédente où Amélie retournait sur les traces de son enfance au Japon. Je préfère la facette narration d’Amélie Nothomb. J’ai cependant retrouvé avec plaisir sa plume  et sa manière si particulière de présenter les évènements.

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« Le cercle des femmes », Sophie Brocas

Le cercle des femmes Sophie Brocas

Editions : Editions Julliard ,  196 pages
Parution : 2014
Titre :  « Le cercle des femmes« 
Auteur : Sophie Brocas
Genre : Littérature française contemporaine.

Quatrième de couverture :

Le temps des funérailles d’une arrière-grand-mère, quatre générations de femmes se trouvent confrontées à la découverte d’un douloureux secret de famille.
Lia vient d’avoir vingt ans. À la mort de son arrière-grand-mère, elle se retrouve dans sa maison de famille, dans les Landes, avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de la défunte. Durant ces quelques jours de funérailles, de deuil et d’intimité partagée, vient le moment d’échanger ses souvenirs, mais aussi de mettre de l’ordre dans les affaires de l’aïeule. Lia découvre à cette occasion des carnets de notes et des lettres soigneusement consignés dans une boîte à chaussures. À sa grande surprise, ces écrits relatent une version bien différente de la disparition du mari de son arrière-grand-mère que celle racontée depuis toujours dans le cercle familial. Poignantes, ces lettres révèlent surtout un destin brisé par la honte et le chagrin.
Lia doit-elle garder pour elle un secret jalousement protégé pendant soixante ans par son arrière-grand-mère ? Ces révélations ne risquent-elles pas de déclencher un cataclysme parmi ces quatre générations de femmes ? Et que faire de l’image si lisse, et en vérité si faussée, qu’elle avait de cette très vieille dame ? Comment lui pardonner son mensonge ? Les conséquences de cette falsification de l’histoire familiale s’éclairent peu à peu dans l’esprit de la jeune fille et bousculent son propre rapport à la famille, aux hommes, à l’amour. Car c’est toute une lignée de femmes qui semble en avoir été victime, en porter les stigmates.
Roman initiatique, Le Cercle des femmes démontre qu’un secret de famille marque – radicalement parfois – toute une descendance. Telle cette tribu très attachante qui a laissé peu de place à l’élément masculin dans le huis clos familial, sans jamais en saisir la raison. Lia saura-t-elle transformer ce sentiment de trahison en pardon ? Sa colère en bienveillance ? Saura-t-elle rompre la fatalité du « cercle des femmes » pour s’ouvrir aux hommes et à l’amour ? Servi par une écriture originale, pleine de fraîcheur, Le Cercle des femmes est porté par une petite musique qui nous entraîne d’une page à l’autre dans une galerie de personnages féminins aussi touchants que fantasques.

Mon avis :

Tout comme l’an dernier,  j’ai à nouveau eu la chance cette année, d’être sélectionnée pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire organisés par PriceMinister.
Mon choix s’est porté sur le roman de Sophie Brocas, « Le cercle des femmes » qui est le premier roman de l’auteur. Je remercie chaleureusement PriceMinister qui m’a permis de découvrir cet auteur et ce roman. J’affectionne particulièrement découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux romans.

Nous sommes ici en présence d’un court roman de moins de 200 pages durant lesquelles 3 générations de femmes se rassemblent pour assister aux obsèques de l’arrière grand mère de Lia, personnage principal du roman.  Pendant quelques jours, ces femmes vont se retrouver en huis-clos et nous faire vivre un voyage dans le temps et dans la vie de  quatre générations.
Le récit est ponctué par une malédiction familiale, qui se répète de génération en génération et qui constitue un secret de famille. Une fois le secret percé, le roman n’offre plus quand chose à découvrir et devient ennuyeux.
Le thème n’est pas assez développé, et, pour le peu qu’il le soit, il l’est très maladroitement. Le silence qui entoure le secret est voulu mais il est irritant. On aimerait entendre les femmes parler, expliquer mais les langues ne délient pas facilement.
L’écriture est fluide et permet une lecture facile et rapide, je l’ai lu en quelques heures.

Conclusion :

Ce roman nest pas vraiment une déception mais il n’a pas été à la hauteur de ce que j’attendais au vu du résumé qui d’ailleurs à lui seul relate toute l’histoire. Ce fut donc une lecture moyenne qui risque de très vite être oubliée.

 

« Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi », Jean Christophe RUFIN

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Editions : Editions Guérin – Chamonix , 259 pages
Parution : mars 2013
Titre : Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi
Auteur : Jean Christophe RUFIN de l’Académie française
Genre : Récit de voyage littéraire
ISBN : 978-2-35221-061-0

Quatrième de couverture :

Jean Christophe Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le « Chemin du Nord » jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.
« Chaque fois que l’on m’a posé la question : « Pourquoi êtes vous allé à Santiago? », j’ai été bien en peine de répondre. Comment expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s’y engager? On est parti, voilà tout. »
Galerie de portraits savoureuse, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d’autodérision plein d’humour et d’émerveillement, « Immortelle randonnée » se classe parmi les grands récits de voyage littéraire.

Mon avis :

Lire Jean Christophe Rufin me faisait peur, certainement à tort et du fait du statut d’Académicien de l’auteur, j’imaginais un livre inaccessible au lecteur moyen. J’ai eu tort, car j’ai, au contraire, découvert une très jolie plume,  jamais affectée ni prétentieuse au ton juste, accessible et enjoué à la mesure de l’enthousiasme et de l’entrain de l’auteur à parcourir le chemin, même dans les moments les plus difficiles et les moins pitoresques.
Le Chemin de Compostelle relate le trajet d’un pèlerin hors du commun : Jean Christophe Rufin. Médecin, ex ambassadeur de France au Sénégal, membre de l’Académie française, Jen Christophe Rufin a choisi de parcourir le Camino del Norte (Chemin du Nord) qui part de Hendaye et longe la côte sauvage sur 800 kilomètres en passant par Bilbao et Oviedo.

Jean Christophe Rufin  évoque la manière dont il a parcouru et vécu son chemin et nous invite à participer à la progression de sa réflexion personnelle. Il nous fait découvrir comment , happé par le chemin, il a progressivement  fait le vide dans son esprit afin de tenter d’apporter des réponses sur lui même. A l’écoute et à l’observation de la nature et de son corps, Jean Christophe Rufin accroit sa sensibilité à tout paysage et à toutes les rencontres et nous fait partager sa réflexion sur son rôle dans la société.
Dans ce récit, j’en ai d’ailleurs été étonnée, vu le thème, la dimension spirituelle est simplement et brièvement évoquée mais ne prédominera jamais sur les autres sentiments que nous fait partager l’auteur. Cet ouvrage est davantage une quête initiatique sur soi même qu’un pèlerinage religieux.

Certains passages sont particulièrement vrais comme celui où le pèlerin attribue beaucoup de place à son sac à dos. J’ai trouvé très juste la philosophie du sac assimilée à la philosophie de la vie  qui part du principe que « Le poids, c’est de la peur ». On abandonne ses peurs dans ses objets et en rentrant on fait le vide dans sa vie, on fait un tri de ce qui compte ou pas.  Au fur et à mesure du récit, nous voyons Jean Christophe Rufin, changer physiquement mais également moralement, les choses ne revêtent plus la même importance à ses yeux, il priorise, classifie. Le chemin révèle alors sa puissance psychologique sur l’homme et amorce un changement de mentalité.

Conclusion

« Immortelle randonnée » est un livre fascinant d’aventures de randonnées sur un chemin de pèlerin, il est étonnamment rempli d’humour et d’anecdotes qui font que l’on se sent proche de l’auteur. Je me demande qui, à la lecture de ce livre, n’a pas rêvé de s’élancer à son tour sur ce chemin. Cet ouvrage  m’a permis de découvrir l’auteur avec qui je compte poursuivre mon chemin livresque. Ce fut une excellente lecture inattendue.

« La liste de mes envies », Grégoire Delacourt

la liste de mes envies Gregoire Delatour

Editions : Le Livre De Poche,  183 pages
Parution : 2013
Titre : La liste de mes envies
Auteur : Grégoire Delacourt
Genre : Littérature française contemporaine.

Synopsis :

Ne vous êtes jamais vous demandé ce que vous feriez si vous gagniez une grosse somme à un jeu de hasard ? Jocelyne, le personnage principal du roman est une femme simple. Après avoir renoncé à ses rêves de jeunesse,  elle s’est mariée à Jo avec qui elle mène une vie ordinaire. Elle aime sa mercerie, ses amies et lorsqu’elle gagne une grosse somme au loto elle ne sait pas quoi en faire, aussi, elle établit plusieurs listes : celle de ses besoins, celle de ses folies, celle de ses envies.

Mon avis :

L’écriture est très belle, vraiment très belle et l’histoire se lit rapidement. Elle est agréable et touchante mais pas forcément toujours réaliste et crédible : comment est il possible de gagner tant d’argent et d’avoir  l’idée de cacher un chèque dans une chaussure au fond d’un placard ?  J’ai trouvé cette réaction un peu étrange. Faut il considérer que le chèque représente le rêve et que ne pas y accéder revient à ne pas le briser ?
Un second point m’a dérangé durant ma lecture : j’ai eu l’impression, que l’histoire se déroulait de nos jours mais que Jocelyne vivait dans sa tête dans les années 1960 et ce décalage m’a perturbé à de nombreuses reprises.

La philosophie de ce livre est simple, elle pose la question omniprésente dans le roman de la relation entre l’argent et le bonheur et de notre capacité à être heureux avec ce que l’on possède : l’argent fait il le bonheur ? Peut il alimenter les rêves ou au contraire devenir un cauchemar ?  On s’attend à une réflexion beaucoup plus élaborée sur le bonheur et sur l’argent, or elle est traitée de manière simple accessible à tous les publics. Il faut retenir le message final à savoir que le bonheur se trouve dans les mille et une petites choses que l’on a constamment à portée  de la main, encore faut il savoir prendre le temps de regarder autour de soi pour s’en rendre compte et saisir ces instants éphèmères.

Je ne souhaite retenir qu’une citation à propos du bonheur , celle qui m’a le plus touché car je la trouve la plus représentative et la plus lucide du livre : « Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire » et qui démontre que l’argent ne fait pas le bonheur…(même si à mon humble avis il y contribue fortement).

Conclusion :

Ce roman a remporté un vif succès, et de ce fait, je m’attendais à plus complexe dans la réflexion et c’est aussi bien ainsi. Je ne peux pas dire que j’ai été déçue car j’ai beaucoup aimé ma lecture qui fut une lecture de vacances sans prise de tête ( je vous la recommande d’ailleurs ),  mais au vu de son succès j’attendais juste à ce qu’il se démarque davantage.

« A Mélie, sans mélo », Barbara Constantine

A Mélie sans mélo

Editions : Calmann-lévy,  244  pages
Parution : 2008
Titre : « A Mélie, sans mélo »
Auteur : Barbara Constantine
ISBN : 978-7021-3922-6

Résumé  :

Mélie a 72 ans , elle vit seule à la campagne et reçoit pour la première fois sa petite fille Clara qui vient passer des vacances d’été chez elle. Peu de temps avant l’arrivée de Clara, Mélie apprend qu’elle a un problème de santé mais décide de consacrer son été à sa petite fille afin de lui fabriquer des souvenirs.

Mon avis :

A Mélie sans mélo fait partie de ces livres, qui, au moment ou je les referme me laissent  dubitative car je suis incapable de dire si j’ai aimé ou pas.

Commençons par les raisons qui me laissent circonspecte :
Tout d’abord l’écriture, je n’ai pas adhéré au style de l’auteure. Un style haché, des phrases qui ne sont pas terminées et qui ont rendu ma lecture moins fluide que je ne l’espérais. Je n’ai pas aimé les trop nombreuses communications téléphoniques entre les personnages du roman, ou un seul interlocuteur prend la parole ce qui rend la lecture difficile car  la conversation est sous-entendue ou laissée à l’imagination du lecteur.
J’ai trouvé la progression du roman brouillon, éparpillée et je n’y ai vu qu’une succession d’anecdotes  sans liens particuliers.
Quant aux personnages, l’auteur parvient à les rendre sympathiques mais hormis les trois personnages principaux Mélie, Clara et Fanette, je n’ai pas eu envie de m’attarder plus longuement sur les personnages masculins secondaires.

Puis il y a quelques situations comiques qui égayent le roman :
Beaucoup de situations loufoques comme regarder pousser des bambous en écoutant de l’opéra ou encore de faire parler un lit qui, bien que peu crédibles, apportent une note originale à l’ouvrage et un peu de fraicheur.

Poursuivons par les aspects positifs :
J’ai bien aimé  l’idée de Mélie de fabriquer des souvenirs pour sa petite fille.
L’intérêt principal du roman est à mon sens, de voir le temps d’un été, trois générations différentes  de femmes se côtoyer, chaque génération vivant sa propre histoire d’amour, son propre été. C’est un livre dans lequel on prend le temps de s’attacher aux petits et grands plaisirs du quotidien et  voir tant de bonheurs simples est rafraichissant et rempli d’optimisme.

Conclusion :

Considérant l’imagination débordante de Mélie, je ne doute pas qu’elle  ait encore beaucoup de choses à nous raconter mais la fin de l’histoire me laisse un peu dans l’expectative. Je dois faire figure d’ « OVNI » dans la blogophère littéraire car quasiment tous les avis sont excellents et sans réserve. Je pense que ce roman avait beaucoup d’atouts pour me plaire mais que le style et la présentation de l’histoire ont fait que je n’ai pû l’apprécier à sa juste valeur. Sans être une mauvaise lecture, cette lecture ne restera pas exceptionnelle .  Elle est une petite déception par rapport à mes attentes car au fond j’ai beaucoup aimé les idées véhiculées dans l’ouvrage.

« Et soudain tout change », Gilles Legardinier

et soudain

Editions : Fleuve Noir ,  375 pages
Parution : Octobre 2013
Titre : « Et soudain tout change« 
Auteur : Gilles Legardinier
Site internet de l’auteur 
ISBN :  2265097500

Quatrième de couverture :

Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d’avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie.
A quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu’avant l’été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie… Du meilleur au pire, avec l’énergie délirante et l’intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur…

Mon avis :

Après avoir dévoré « Demain j’arrête », et « Complètement cramé », j’ai continué avec ce troisième roman de Gilles Legardinier « Et soudain tout change ».  C’est un peu de l’histoire de chacun d’entre nous que Gilles Legardinier nous raconte dans ce roman.

Camille est en terminale, c’est le moment des choix et elle a une bande de copains inséparables qui vont être propulsés dans la réalité du monde adulte.

Ce roman est un roman simple et contemporain qui oscille entre légèreté et insouciance de l’adolescence et gravité  d’un sujet qui ne devrait pas préoccuper la jeunesse. Il véhicule beaucoup de belles valeurs, il est très touchant mais propose aussi des passages empreints de beaucoup de tristesse et d’émotions. Cependant, le ton et les mots restent toujours justes. Il n’y a ni apitoiement ni lourdeur malgré la gravité du sujet.

La plume de l’auteur est  légère et simple, et le roman, comme les deux précédents, se lit très vite. Il est tout public, il séduira autant les jeunes lecteurs que leurs parents.

Le seul reproche que je puisse formuler à son égard (mais en matière de fiction, ce n’est pas vraiment un reproche), c’est de se dérouler dans un monde trop idyllique,  et d’avoir mis en scène des personnages caricaturaux même s’ils représentent plutôt un bon reflet de la société actuelle.

Conclusion :

« Et soudain tout change » est à mon avis différent des deux autres romans de Gilles Legardinier que je viens de lire, d’ailleurs aucun des trois ne se ressemble, mise à part la plume de l’auteur : « Demain j’arrête » est une joyeuse comédie, « Complètement cramé » relate avec beaucoup de sensibilité la construction d’un lien intergénérationnel alors que « Et soudain tout change » s’attache avec une grande sensibilité à des sujets  graves. (Je ne peux vous en dire plus au risque de vous en gacher la lecture). Vu le thème traité dans l’ouvrage, j’ai nettement moins ri qu’en lisant les deux précédents mais j’ai quand même passé de superbes moments d’émotion en suivant Camille et sa bande de copains. Ce fut une très bonne lecture.

« L’Apiculteur », Maxence Fermine

apiculteur
Editions : Le Livre De Poche
Nombre de pages : 221 pages
Parution : 2000
ISBN :9782253152569
Titre : « L’Apiculteur »
Auteur : Maxence Fermine
Genre : Conte Philosophique

« Alors il comprit que l’homme s’était éloigné petit à petit un peu plus de son paradis. Et il se prit à rêver de devenir une abeille. »

Résumé :

« Je recherche l’or du temps », écrivit le poète André Breton. Cette maxime aurait pu être celle d’Aurélien, héros de ce roman d’aventures initiatique. Depuis qu’une abeille a déposé sur sa ligne de vie une fine trace de pollen doré, ce jeune Provençal de la fin du xixe siècle ne rêve plus que de l’or – un or symbolique, poétique, qui représente bien plus que le métal précieux. Son rêve le décidera à se détourner des champs de lavande familiaux pour installer des ruches et fabriquer le miel le plus suave. Puis, après l’anéantissement de son travail par un violent orage, à partir pour l’Abyssinie, où l’attend une femme à la peau d’or, qu’il a vue en rêve…

Mon avis :

« L’Apiculteur » est un court conte philosophique à l’écriture simple et aux très courts chapitres de parfois moins d’une demie page, il est dominé par les couleurs jaune et or qui représentent la quête de l’absolu.  Au cours son voyage initiatique dans de lointaines contrées, Aurélien Rochefer nous amène à réfléchir sur le sens de la vie, sur nos rêves et nos passions et en tire comme morale qu’il faut vivre ses rêves et écouter son coeur mais l’on va souvent chercher très loin ce que l’on a autour de soi et que l’on ne voit pas.

Ce petit livre traite de la quête du bonheur, et au premier abord, je n’ai pas trouvé le thème original puisque c’est un thème que l’on retrouve dans de nombreux ouvrages littéraires (« L’Alchimiste » de Paulo Coelho par exemple). J’ai pourtant été agréablement surprise de découvrir  la manière particulière dont Maxence Fermine a traité le sujet au travers de son obsession des couleurs jaune et or. Ces couleurs remplissent entièrement l’ouvrage et on se laisse entrainer par la douceur du texte et on s’imagine les odeurs qui s’en dégagent.  J’ai été surprise par le style que j’attendais poétiquement plus prononcé alors que les courts chapitres desservent plutôt ce style. Ici, il n’y a point d’envolée lyrique il faut se concentrer sur les idées suggérées et laisser vagabonder son imaginaire.

Conclusion :

J’ai beaucoup aimé cette lecture qui fut agréable pour les raisons évoquées un peu plus haut mais ce n’est quand même pas un coup de coeur. La mise en page étant trop minimaliste et les thèmes abordés déjà vus  même si la manière de les transmettre fait preuve d’originalité. Il y a des lectures qui restent dans l’esprit et d’autres qui s’oublient, je pense que celle ci fera partie de celles qui restent, aussi, je vous recommande ce roman qui peut surprendre mais qui ne laisse pas indifférent.

« Le Mystère du Pont Gustave Flaubert », Pierre Thiry

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Editions :  Books On Demand (BOD),  310 pages
Parution : 2012
Titre : « Le Mystère du Pont Gustave Flaubert« 
Auteur : Pierre Thiry
Genre : contemporain, imaginaire ….inclassable …

Quatrième de couverture :

Ce récit évoque quelques impressions sur des personnages réels : Gustave Flaubert, Giovanni Bottesini, Rouen, le pont Gustave Flaubert…Un grand écrivain, un compositeur de musique oublié, une ville normande, un pont levant peuvent-ils s’emmêler dans la même intrigue? Giovanni Bottesini ( 1821 – 1889 ) et Gustave Flaubert ( 1821 – 1880 ) se sont ils rencontrés?  Ce « roman »,  très imaginaire, où il est est question : d’un vélo volé, d’un opéra disparu, du détective privé Jules Kostelos, d’une bibliothécaire portant le nom de Salammbô, du chat noir Charles Hockolmess et d’un rassemblement de vieux gréements à Rouen en 2017, apportera-t-il une réponse?

Mon avis :

Lorsque j’ai accepté ce partenariat avec Pierre Thiry, l’auteur de ce roman, j’avais envie de lire un ouvrage différent de mes lectures précédentes et je peux vous dire que je n’ai pas été déçue. Je remercie l’auteur qui m’a très gentiment fait parvenir son roman.

L’ouvrage est magnifique. J’ai juste trouvé la mise en page trop aérée et j’ai durant un bref moment eu peur d’un manque de professionnalisme. Il n’en a rien été. Les chapitres sont très courts et la lecture peut sembler rapide au premier abord …mais attention aux jeux de mots ! il faut savourer et parfois lire et relire certains passages afin de pouvoir les comprendre et les apprécier à leur juste valeur. Il ne faut surtout pas se fier au titre car l’enquête policière  n’apparait qu’en trame de fond, on est loin du roman policier classique.

« Le Mystère du Pont Gustave Flaubert » est une lecture envoûtante, on se laisse porter par les mots, par les figures de style, par les sonorités mais elle nécessite une culture littéraire et musicale importante. Aussi, elle n’est pas à la portée de tous les lecteurs. Pour apprécier ce roman il faut d’abord le comprendre. Le style est particulier, très recherché académique, parfois irritant tant il est travaillé et je comprends qu’il puisse déplaire à certaines personnes. Les jeux de mots très présents, il faut lire à haute voix et s’écouter pour les identifier … « on m’a volé mon vélo »….Il ne faut pas vouloir tourner les pages à tout prix , il faut se poser, profiter de la manière dont l’auteur manie et maitrise les subtilités de la langue française.

Même s’il s’agit d’un récit imaginaire je considère plus cet ouvrage comme un exercice de style que comme un roman traditionnel . L’enquête policière n’est qu’un support à la plume de l’auteur, il ne faut surtout pas chercher à y trouver une enquête policière. Il y a énormément de travail dans la forme, certainement trop de travail au détriment du fond. Même si cela ne m’a pas dérangé, j’aurais préféré plus d’équilibre entre les deux.

Conclusion :

J’ai trouvé cette lecture originale et pour cela, je l’ai vraiment appréciée. J’ai écouté la prose de l’auteur autant que je l’ai lue du regard et j’ai été conquise par cette lecture totalement différente de celles effectuées auparavant. C’est une expérience de lecture que je ne regrette absolument pas.

Site web de Pierre Thiry et sa page facebook consacrée au Mystère du Pont Gustave Flaubert.

 

 

 

« Complètement cramé », Gilles Legardinier

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Editions :  Fleuve Noir,  400 pages
Parution : 18 octobre 2012
Titre : « Complètement cramé « 
Auteur : Gilles LEGARDINIER
Genre : Comédie

Quatrième de couverture :

Arrivé à un âge ou presque tous ceux qu’il aimait sont loin ou disparus, Andrew Blake n’a même plus le coeur à orchestrer ses blagues légendaires avec son vieux complice, Richard. Sur un coup de tête, il décide de quitter la direction de sa petite entreprise anglaise pour se faire engager comme majordome en France, pays ou il avait rencontré sa femme. Là-bas, personne ne sait qui il est vraiment, et cela lui va très bien. 
Mais en débarquant au domaine de Beauvillier, rien ne se passe comme prévu… Entre Nathalie, sa patronne veuve aux étranges emplois du temps ; Odile, la cuisinière et son caractère aussi explosif que ses petits secrets ; Manon, jeune femme de ménage perdue ; Philippe, le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc, et même l’impressionnant Méphisto, Andrew ne va plus avoir le choix. Lui qui croyait sa vie derrière lui va être obligé de tout recommencer…

Mon avis :

Andrew quitte sa petite entreprise anglaise pour devenir Majordome en France, le pays de son épouse décédée. Il arrive au domaine de Beauvillier en espérant revenir sur les traces de son passé et il compte mettre son expérience au service des autres occupants du domaine.

Les personnages sont bien dépeints et tous ont un caractère différent ce qui ajoute de l’attrait à l’histoire. Andrew est le personnage principal au comportement tellement britannique. Il y a  aussi Odile la cuisinière au  caractère bien trempé et  Mephisto son chat malicieux, puis Manon la jeune femme de ménage aux amours compliqués , et Philippe le régisseur un peu rustique qui vit au fond du domaine. Il y  a enfin « Madame » la propriétaire du domaine et ses agissements étranges. Le roman se déroule presque entièrement au domaine de Beauvillier et Andrew est la personne qui va relier ses habitants les uns aux autres.

Le style de l’auteur est fluide, la plume est légère et facile, les chapitres sont courts et les pages se tournent très rapidement.

Je reconnais que le roman est plutôt agréable à lire mais il reste une petite déception en ce qui me concerne. Après avoir dévoré « Demain j’arrête », j’ai sauté sur « Complètement cramé » dans l’espoir d’y retrouver l’humour de l’auteur, les situations cocasses de « Demain j’arrête » et aussi pour continuer avec cette ambiance de bonne humeur insufflée dans le premier ouvrage. Hélas, « Complètement cramé » n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Certes, l’humour est toujours présent mais pas assez perceptible à mon goût. Ou encore les situations deviennent tellement ridicules (comme Halloween ou la récupération des bijoux) et en contradiction avec le comportement de gentleman d’Andrew que le tout devient peu crédible. Globalement, j’ai trouvé l’ouvrage moins chaleureux et plus impersonnel. Mais,  ce qui en définitive a davantage contrarié ma lecture c’est de retrouver un thème déjà lu, pour ma part il y a peu de temps, et traitant en huis clos des les liens inter-générationnels et des rapports humains. J’ai eu l’impression de faire une nouvelle lecture de  « Et puis, …Paulette » de Barbara Constantine. Si les personnages viennent d’horizons différents le fond de l’histoire de ces deux romans reste très  similaire.

Conclusion

Aussi, contrairement à la majorité des avis  sur ce livre je suis déçue par une thématique déjà abordée dans « Et puis, Paulette… », déçue car je n’ai pas trouvé dans ma lecture ce que j’attendais : l’humour et les situations loufoques.  Certes, je considère ma lecture comme agréable…mais sans plus et en tout état de cause,  beaucoup moins réussie que celle de « Demain j’arrête ». J’ai emprunté « Et soudain tout change » à la médiathèque et j’espère qu’il me réservera de meilleures surprises.

 » Demain j’arrête ! « , Gilles LEGARDINIER

DemainjarreteEditions : Fleuve Noir,
Pages : 350 pages
Parution : 2013
Titre :  » Demain j’arrête ! « 
Auteur : Gilles Legardinier
Genre : Comédie contemporaine, Chick-Lit

Quatrième de couverture :

Comme tout le monde, Julie fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé n pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu’elle n’a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte à lettres en espionnant un mystérieux courrier… mais tout cela n’est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu’elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par ce inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu’à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

Mon avis :

En fin d’année dernière, « Demain j’arrête » était sur tous les rayonnages, impossible de passer à côté. Bien entendu, j’ai été intriguée par la couverture au félin arborant fièrement un bonnet péruvien multicolore, je n’ai pu résister à la tentation d’emprunter cet ouvrage à la bibliothèque.

Julie, l’héroïne principale du roman, ressemble un petit peu à certains d’entre nous, Julie est un petit peu de moi, de vous…de vos voisins…de vos amis…des personnes que vous côtoyez chaque jour avec leur lot de joies et leurs tracas. Julie a le don de se mettre dans des situations embarrassantes toutes plus cocasses les unes que les autres. Son travail ne lui plait guère et elle est désespérée par son statut de célibataire. C’est alors qu’un voisin arrive dans son immeuble. Un voisin au nom mystérieux et autour duquel elle échafaude moult scénarios et stratagèmes dans l’unique but de le rencontrer. Julie est bien maladroite et se place dans des situations incongrues, elle a un petit air de Bridget Jones….je ne vais pas vous raconter la suite de l’histoire car elle fait le charme du roman et je ne veux vous gâcher le plaisir de le découvrir. Je vous dirais simplement que Julie est un personnage attachant et que tous  les personnages de ce roman le sont également.

L’écriture est agréable, le style léger et emporté est bien rythmé, le roman se lit très vite. On a envie de savoir quelles nouvelles mésaventures loufoques va vivre Julie. Il ne faut pas s’attarder à vouloir élucider l’intrigue policière improbable,  tirée par les cheveux car elle ne sert que de fil conducteur au roman. La fin est prévisible mais elle réserve tout de même quelques surprises.

Que dire de ce roman si ce n’est qu’il est une bouffée d’air frais, qu’il met de bonne humeur et qu’il est rempli de tendresse. Il délivre des messages d’optimisme et d’espoir, d’amour et d’amitié  en ayant  l’énorme mérite d’être drôle car l’humour y est omniprésent et cela fait un bien fou.

J’ai dévoré cette lecture et je vous la recommande vivement quel que soit votre âge car elle fut excellente et sans prise de tête. Le roman est parfait pour une lecture détente entre deux lectures plus difficiles. Il ne lui  a manqué qu’un peu de crédibilité dans certains passages  pour que je puisse considérer cette lecture comme un coup de coeur. Pour ma part, j’ai déjà réservé à la bibliothèque mon prochain Gilles Legardinier et ce sera « Complètement cramé » . J’espère qu’il me fera passer d’aussi bons moments de lecture que celui ci.