« Lonely Betty » Christophe MERLIN

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Editions :  Sarbacanne,  64 pages
Parution : Août 2014
Titre : « Lonely Betty »
Dessins : Christophe MERLIN
Scénario : Joseph INCARDONA
Genre: BD – Polar

Synopsis :

Betty Holmes s’apprête à fêter ses 100 ans dans maison de retraite d’une petite ville du Maine. Betty a perdu l’usage de la parole alors, qu’institutrice, elle fut relevée de ses fonctions après la disparition de deux de ses élèves, les frères Harrys.
Lorsque le gâteau d’anniversaire arrive, Betty se met soudainement à parler…

Mon avis :

La BD « Lonely Betty » est  tirée de l’adaptation du roman « Lonely Betty » de Joseph Incardona. Nous sommes ici en présence d’un polar noir à l’ambiance particulière accentuée par des effets de colorisation.  La mise en scène est merveilleusement bien réussie et les nombreux personnages présentés ont tous un caractère bien trempé.
L’ intrigue qui nous est proposée contient de nombreuses références ( je vous laisse le plaisir de les découvrir) et constitue un bel hommage à un maitre du polar. L’idée est plutôt originale et surprenante et à le mérite de nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page plutôt inattendue.

J’ai beaucoup aimé les superbes planches au graphisme soigné et aux couleurs profondes de toute beauté, de jolis contrastes qui concourent au plaisir d’une excellente lecture. Certaines planches ont une présentation originale  Cette BD est une belle réussite, je vous conseille de la découvrir.

« Pétronille » Amélie Nothomb

Pétronille Amélie Nothomb

Edition : Albin Michel , 180 pages
Parution : Août 2014
Titre :  » Pétronille « 
Auteur : Amélie Nothomb
Genre : Roman contemporain.

Quatrième de couverture

« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Mon avis

Si vous avez lu mes précédentes chroniques sur les romans d’Amélie Nothomb ( ici et la) vous savez probablement que chaque année, à la fin du mois d’Août, j’attends avec impatience la parution de son nouveau roman.
Son cru de l’année 2014  s’appelle « Pétronille, c’est un mélange d’autobiographie fiction, deux genres que l’auteur affectionne particulièrement et qu’elle réunit dans son millésime 2014.

Dans ce roman, Pétronille, jeune écrivain en quête de reconnaissance et Amélie Nothomb nous entraînent dans leur quête d’amoureuses du Champagne. Pétronille n’aime pas boire seule et sa rencontre avec sa compagne de beuverie est un ode à la boisson dorée, à la France, aux livres mais aussi à l’amitié un peu particulière que tissent les deux femmes  dans une relation plutôt complexe de concurrence. Amélie devient lectrice de la romancière Pétronille Fanto. Le principal attrait du roman est justement l’étude de cette relation et la découverte d’une nouvelle facette de l’écrivain. J’ai aimé lire la manière humoristique très personnelle d’Amélie Nothomb de raconter les situations absurdes et des frasques de ses personnages et j’ai été complément  bluffée par la fin particulière.

J’ai trouvé agréable le mélange de la part de fiction et du réel, on y cherche le détail sur ce que l’on connait de la vie de l’auteur et à savoir si « Pétronille » est ou non un personnage de fiction. Mes recherches m’ont conduit à découvrir que Pétronille pourrait être une écrivain spécialiste en littérature élisabéthaine.

L’histoire est drôle, la fin est tragique et je ne m’y attendais pas du tout. Mais cette chute correspond plutôt bien au tempérament de l’auteur.

En conclusion

Le millésime 2014 ne sera pas un coup de coeur, même si j’ai passé un très bon moment en sa compagnie.  J’ai aimé suivre la relation entre les deux personnages mais au final ce roman a beaucoup moins su m’émouvoir que celui de l’année précédente où Amélie retournait sur les traces de son enfance au Japon. Je préfère la facette narration d’Amélie Nothomb. J’ai cependant retrouvé avec plaisir sa plume  et sa manière si particulière de présenter les évènements.

« Le cercle des femmes », Sophie Brocas

Le cercle des femmes Sophie Brocas

Editions : Editions Julliard ,  196 pages
Parution : 2014
Titre :  « Le cercle des femmes« 
Auteur : Sophie Brocas
Genre : Littérature française contemporaine.

Quatrième de couverture :

Le temps des funérailles d’une arrière-grand-mère, quatre générations de femmes se trouvent confrontées à la découverte d’un douloureux secret de famille.
Lia vient d’avoir vingt ans. À la mort de son arrière-grand-mère, elle se retrouve dans sa maison de famille, dans les Landes, avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de la défunte. Durant ces quelques jours de funérailles, de deuil et d’intimité partagée, vient le moment d’échanger ses souvenirs, mais aussi de mettre de l’ordre dans les affaires de l’aïeule. Lia découvre à cette occasion des carnets de notes et des lettres soigneusement consignés dans une boîte à chaussures. À sa grande surprise, ces écrits relatent une version bien différente de la disparition du mari de son arrière-grand-mère que celle racontée depuis toujours dans le cercle familial. Poignantes, ces lettres révèlent surtout un destin brisé par la honte et le chagrin.
Lia doit-elle garder pour elle un secret jalousement protégé pendant soixante ans par son arrière-grand-mère ? Ces révélations ne risquent-elles pas de déclencher un cataclysme parmi ces quatre générations de femmes ? Et que faire de l’image si lisse, et en vérité si faussée, qu’elle avait de cette très vieille dame ? Comment lui pardonner son mensonge ? Les conséquences de cette falsification de l’histoire familiale s’éclairent peu à peu dans l’esprit de la jeune fille et bousculent son propre rapport à la famille, aux hommes, à l’amour. Car c’est toute une lignée de femmes qui semble en avoir été victime, en porter les stigmates.
Roman initiatique, Le Cercle des femmes démontre qu’un secret de famille marque – radicalement parfois – toute une descendance. Telle cette tribu très attachante qui a laissé peu de place à l’élément masculin dans le huis clos familial, sans jamais en saisir la raison. Lia saura-t-elle transformer ce sentiment de trahison en pardon ? Sa colère en bienveillance ? Saura-t-elle rompre la fatalité du « cercle des femmes » pour s’ouvrir aux hommes et à l’amour ? Servi par une écriture originale, pleine de fraîcheur, Le Cercle des femmes est porté par une petite musique qui nous entraîne d’une page à l’autre dans une galerie de personnages féminins aussi touchants que fantasques.

Mon avis :

Tout comme l’an dernier,  j’ai à nouveau eu la chance cette année, d’être sélectionnée pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire organisés par PriceMinister.
Mon choix s’est porté sur le roman de Sophie Brocas, « Le cercle des femmes » qui est le premier roman de l’auteur. Je remercie chaleureusement PriceMinister qui m’a permis de découvrir cet auteur et ce roman. J’affectionne particulièrement découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux romans.

Nous sommes ici en présence d’un court roman de moins de 200 pages durant lesquelles 3 générations de femmes se rassemblent pour assister aux obsèques de l’arrière grand mère de Lia, personnage principal du roman.  Pendant quelques jours, ces femmes vont se retrouver en huis-clos et nous faire vivre un voyage dans le temps et dans la vie de  quatre générations.
Le récit est ponctué par une malédiction familiale, qui se répète de génération en génération et qui constitue un secret de famille. Une fois le secret percé, le roman n’offre plus quand chose à découvrir et devient ennuyeux.
Le thème n’est pas assez développé, et, pour le peu qu’il le soit, il l’est très maladroitement. Le silence qui entoure le secret est voulu mais il est irritant. On aimerait entendre les femmes parler, expliquer mais les langues ne délient pas facilement.
L’écriture est fluide et permet une lecture facile et rapide, je l’ai lu en quelques heures.

Conclusion :

Ce roman nest pas vraiment une déception mais il n’a pas été à la hauteur de ce que j’attendais au vu du résumé qui d’ailleurs à lui seul relate toute l’histoire. Ce fut donc une lecture moyenne qui risque de très vite être oubliée.

 

« La malédiction de l’Epouvanteur », Joseph Delaney – Tome 2 de la saga L’Epouvanteur

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Editions :  Bayard Jeunesse, 362 pages
Parution : 2005
Titre : « La Malédiction de l’Epouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Titre original : « The Spook’s Curse »
Traduit de l’anglais par Marie-Hélène Delval.
Genre : Fantastique, Jeunesse
ISBN : 978-2-7470-1722-0

Quatrième de couverture

« Voilà six mois que tu es l’apprenti de M. Grégory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l’obscur t’a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci : lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l’obscur d’avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C’est pour cela que je t’ai donné la vie. »
L’Epouvanteur et son apprenti, Thomas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l’Epouvanteur n’a jamais réussi à vaincre. On l’appelle le Fléau.
Tandis que Thomas et M. Grégory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n’est pas leur seul ennemi. L’Inquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l’obscur ! Thomas et son maître survivront-ils à l’horreur qui s’annonce ?

Mon avis :

Si le premier tome de la saga l’Epouvanteur posait les bases de l’histoire, dans ce second tome Joseph Delaney nous invite à rentrer dans le quotidien du travail d’un Epouvanteur et plus précisément à  partir à la recherche du Fléau dans le but de l’anéantir.

Dans ce second tome, il y a de l’action en permanence. Quelques scènes sont un peu « oppressantes ». J’ai été surprise de lire certains passages assez sanglants. Il ne faut pas perdre de vue que ce roman est dédié à la jeunesse et même s’il comporte plusieurs avertissements à destination des plus jeunes d’entre eux, j’ai trouvé plusieurs scènes anxiogènes. On y découvre le côté plus complexe et plus obscur du passé de l’épouvanteur.

Deux seuls petits regrets pour ce second tome : l’absence de l’épouvanteur sur de nombreux passages (forcément … mais je ne veux pas vous gâcher le plaisir d’en découvrir les raisons) ou Tom son apprenti rentre seul en action. Je suis restée sur ma faim concernant le passé mystérieux de la mère de Tom, j’ai l’impression que l’auteur a décidé de nous distiller ces informations au compte goutte.

En présence de l’Inquisiteur, l’atmosphère du roman est moyenâgeuse, elle mêle superstitions de l’époque et religion.

En bref :

J’ai à nouveau beaucoup aimé cette lecture agréable et rapide et je vous la recommande avant la sortie du film ( Le septième fils)  prévue pour février 2015.

« La Ballade de l’impossible » , Haruki MURAKAMI

la Ballade de l'impossible Murakami

Editions : Editions 10/18,  455 pages
Titre : « La Ballade de l’impossible »
Auteur : Haruki MURAKAMI
Genre : Drame psychologique

Résumé

Au cours d’un voyage en avion le narrateur entend la chanson Norwegian Wood des Beatles ce qui a pour effet de le plonger dans les souvenirs de ses dix-huit ans. Il était alors lycéen et son meilleur ami Kizuki s’était suicidé …..

Mon avis

Nous sommes ici dans les années 1960  et en présence d’une histoire d’amour : celle de Watanabe devenu étudiant qui retrouve Naoko l’ex petite amie de Kizuki. Kizuki était un ami commun de lycée qui s’est suicidé quelques temps auparavant.

Le thème principal du roman est le suicide et l’analyse du choc psychologique subi par l’entourage. C’est un roman sombre et triste qui n’offre que peu d’espoir. La mort rode  et entoure les différents personnages du roman, le thème du suicide revient sans cesse.
Si l’idée d’un parcours initiatique vers l’âge adulte était plutôt une bonne thématique, ce sont les  constants renvois à des scènes d’érotisme ce qui m’ont profondément déplus. Je les ai trouvés dérangeants et obsessionnels et leur présence très mal venue dans ce roman où les personnages s’expriment peu sur eux même mais où ils n’hésitent pas à s’exprimer avec leur corps.

Le personnage de Watanabe est très particulier et renfermé sur lui même. Il ne délivre aucune émotion, je n’ai pu m’y attacher. Les deux personnages féminins Naoko et Midori sont plus extraverties mais leurs univers respectifs ne présentent que peu d’intérêt.

J’ai découvert l’auteur avec ce roman et j’ai trouvé son style narratif agréable mais l’écriture très  lente où l’action n’a que peu de place et où certains passages sont ennuyants.

En bref :

Je ne comprends pas l’engouement suscité par cet ouvrage. Je n’ai que passablement apprécié ma lecture. Je ne l’ai surtout apprécié qu’à la faveur d’une très jolie plume.
Je lirai  d’autres livres de cet auteur, on m’a déjà conseillé « Kafka sur le ravage » et « 1Q84 ».
Si vous avez déjà lu cet auteur, n’hésitez pas à me donner en commentaires votre ressenti.

« Un printemps à Tchernobyl », Emmanuel Lepage

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage

Editions : Futuropolis ,  168 pages.
Parution : 2012
Titre : « Un printemps à Tchernobyl« 
Auteur : Emmanuel Lepage
Genre : BD – Témoignage historique

Grand prix de l’affiche 2012 au festival festival Quai des Bulles à St Malo.

Quatrième de couverture :

Le 26 Avril 1986, le plus grave accident nucléaire feu XXe siècle se produit à Tchernobyl, en Ukraine.
Vingt deux ans plus tard, jour pour jour, Emmanuel Lepage se rend sur les lieux de la catastrophe.
 » Dans ce métier, seul à gratter sur ma planche, j’ai souvent l’impression de voir
le monde à travers une vitre. D’être  » à côté « .
 » Cette fois-ci, le monde, je le sentirai dans ma peau !
Bien sûr, c’était risqué…
Mais tellement excitant !
J’allais découvrir des terres interdites où rôde la mort. « 

Mon avis :

Cette BD est un authentique et très pudique témoignage sur la catastrophe nucléaire engendrée par la fonte d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl. A l’aide de fusains, aquarelles, crayons, Emmanuel Lepage élabore un carnet de voyage d’un genre un peu particulier : il retrace sa découverte des terres interdites de la région de Tchernobyl.

Après un bref retour sur l’histoire et sur celle du trajet du nuage nucléaire de Tchernobyl et du déni français, Emmanuel Lepage accompagné de quelques artistes français partent avec le projet d’installer une résidence d’artistes à Tchernobyl car l’artiste est à même de témoigner, quelques uns d’ailleurs sont impliqués dans la lutte contre le nucléaire.
Triste arrivée à Tchernobyl, ville fantôme grise,  qui apparaît sinistre sous la pluie, ses bâtiments déserts et ses paysages désolés. Emmanuel Lepage nous montre comment sur place la vie s’organise et  retrace ses rencontres avec la population, des gens simples et frappés par la contamination et nous montre que l’intégration se fait spontanément.
Alors, sur place, commence un travail de mémoire, un travail constamment ponctué par les crépitements du dosimètre mesurant la radioactivité, un dessin qu’il faut accomplir très rapidement pour ne rien oublier car le temps de la visite est compté. Les coups de crayons s’accélèrent, alors que l’ambiance devient de plus en plus angoissante. Les premières impressions retracent des paysages  sombres  et abandonnés, les traits de crayons sont tristes.
Mais la palette aux couleurs sombres à sépia tourne peu à peu au vert, à ce vert qui représente la vie végétale qui renait en ce printemps. Plus le temps avance, et plus le groupe découvre une nature verte qui ne parait pas contaminée. C’est un signe qui leur permet d’oublier l’angoisse de la contamination. La nature est resplendissante malgré l’horreur de la catastrophe toujours présente dans les esprits.  Emmanuel Lepage  y perd le fil du temps et l’intensité de l’horreur qu’il était venu figer sur son dessin. Viennent ensuite de magnifiques planches d’un printemps comme tous les printemps du monde, presque bucolique en plein centre de la zone interdite. Ce sont des planches irréalistes et de toute beauté qu’Emmanuel Lepage nous offre, parfois en pleine page.

Les quelques semaines vécues à Tchernobyl par cette équipe d’artistes permet de poser une réflexion sur le rôle de l’artiste peintre dans ce type de catastrophe: comment reproduire l’invisible ? comment transmettre la sensation de danger imminent dans tout ce qui nous entoure alors même que le cycle de renaissance de la nature a repris ses droits sur la mort. La vraie tragédie qui rode, c’est la quiétude car il ne faut jamais se laisser distraire ni tromper par les apparences de fausse quiétude de cette nature.
L’ouvrage dans son ensemble offre un sentiment de pèlerinage presque nostalgique de terres perdues.

Je tiens à partager avec vous  cette citation qui exprime pleinement le ressenti de l’auteur sur son expérience :
« Aurais-je pu imaginer vivre de tels moments à Tchernobyl, au coeur du désastre dont j’étais venu dessiner l’horreur ? J’ai la sensation de vivre pleinement, intensément ici et maintenant. »

Conclusion :

C’est très certainement l’une des BD les plus remarquables que j’ai pu lire à ce jour. Mon coup de coeur de cet été 2014 que je vous encourage à découvrir également. Incroyable talent du dessinateur à restituer les choses qui l’entourent ainsi que la menace invisible qui plane en permanence sur la zone interdite. J’ai apprécié la note finale de la BD sur un joli message d’espoir, en guise de conclusion, avec ces enfants qui jouent et rient comme tous les autres.

« L’épouvanteur », Joseph Delaney – Tome 1 : L’apprenti épouvanteur –

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Editions : Bayard Jeunesse,  275 pages
Parution : 2004
Titre : « L’Apprenti Epouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Titre original : « The Spook’s Apprentice »
Traduit de l’anglais par Marie-Hélène Delval.
Genre : Fantastique, Jeunesse.

Quatrième de couverture :

Tom est le « septième fils d’un septième fils » et possède un don particulier pour voir et entendre ce que le commun des mortels ne voit ni n’entend. Il a donc les qualités requises pour devenir l’apprenti de l’Epouvanteur. À treize ans, apprendre à chasser sorcières, gobelins, spectres et autres esprits malfaisants lui paraît autrement excitant que de soigner les cochons et épandre le fumier. Tom entame donc son apprentissage auprès de l’Epouvanteur, qui le teste dès la première nuit en l’enfermant, tout seul, dans une maison hantée. Mais le pire reste à venir.

Mon avis :

Ce premier tome est celui dans lequel tout l’univers de la saga se met en place. Le roman se présente sous la forme du récit de Tom. A la manière d’un journal intime, le lecteur progresse dans la mise en place de l’univers de l’épouvanteur en même temps que Tom avance dans son apprentissage du métier et de sa découverte.

Les actions sont nombreuses et variées mais elles manquent parfois de cohérence, elles s’enchaînent parfaitement et ne laissent aucun temps mort dans le roman. On suit l’apprenti Tom dans sa découverte initiatique du métier d’épouvanteur. On découvre les  créatures variées et dangereuses que l’épouvanteur va devoir affronter sous un fond de fantastique, de magie et de merveilleux.

Conclusion :

Ce premier tome introductif de la saga « L’épouvanteur » fut une assez bonne lecture mais mon avis reste pourtant mitigé. J’ai aimé l’ambiance de fantastique et de magie qui s’en dégage mais je l’ai trouvé très jeunesse en dépit des actions parfois rudes qui s’y déroulent par rapport au public jeunesse visé. L’intrigue est agréable, mais je m’attendais à quelque chose de plus mature ou de plus élaboré. Il est vrai qu’à la base, l’histoire s’adresse aux plus jeunes adolescents.

« Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi », Jean Christophe RUFIN

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Editions : Editions Guérin – Chamonix , 259 pages
Parution : mars 2013
Titre : Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi
Auteur : Jean Christophe RUFIN de l’Académie française
Genre : Récit de voyage littéraire
ISBN : 978-2-35221-061-0

Quatrième de couverture :

Jean Christophe Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le « Chemin du Nord » jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.
« Chaque fois que l’on m’a posé la question : « Pourquoi êtes vous allé à Santiago? », j’ai été bien en peine de répondre. Comment expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s’y engager? On est parti, voilà tout. »
Galerie de portraits savoureuse, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d’autodérision plein d’humour et d’émerveillement, « Immortelle randonnée » se classe parmi les grands récits de voyage littéraire.

Mon avis :

Lire Jean Christophe Rufin me faisait peur, certainement à tort et du fait du statut d’Académicien de l’auteur, j’imaginais un livre inaccessible au lecteur moyen. J’ai eu tort, car j’ai, au contraire, découvert une très jolie plume,  jamais affectée ni prétentieuse au ton juste, accessible et enjoué à la mesure de l’enthousiasme et de l’entrain de l’auteur à parcourir le chemin, même dans les moments les plus difficiles et les moins pitoresques.
Le Chemin de Compostelle relate le trajet d’un pèlerin hors du commun : Jean Christophe Rufin. Médecin, ex ambassadeur de France au Sénégal, membre de l’Académie française, Jen Christophe Rufin a choisi de parcourir le Camino del Norte (Chemin du Nord) qui part de Hendaye et longe la côte sauvage sur 800 kilomètres en passant par Bilbao et Oviedo.

Jean Christophe Rufin  évoque la manière dont il a parcouru et vécu son chemin et nous invite à participer à la progression de sa réflexion personnelle. Il nous fait découvrir comment , happé par le chemin, il a progressivement  fait le vide dans son esprit afin de tenter d’apporter des réponses sur lui même. A l’écoute et à l’observation de la nature et de son corps, Jean Christophe Rufin accroit sa sensibilité à tout paysage et à toutes les rencontres et nous fait partager sa réflexion sur son rôle dans la société.
Dans ce récit, j’en ai d’ailleurs été étonnée, vu le thème, la dimension spirituelle est simplement et brièvement évoquée mais ne prédominera jamais sur les autres sentiments que nous fait partager l’auteur. Cet ouvrage est davantage une quête initiatique sur soi même qu’un pèlerinage religieux.

Certains passages sont particulièrement vrais comme celui où le pèlerin attribue beaucoup de place à son sac à dos. J’ai trouvé très juste la philosophie du sac assimilée à la philosophie de la vie  qui part du principe que « Le poids, c’est de la peur ». On abandonne ses peurs dans ses objets et en rentrant on fait le vide dans sa vie, on fait un tri de ce qui compte ou pas.  Au fur et à mesure du récit, nous voyons Jean Christophe Rufin, changer physiquement mais également moralement, les choses ne revêtent plus la même importance à ses yeux, il priorise, classifie. Le chemin révèle alors sa puissance psychologique sur l’homme et amorce un changement de mentalité.

Conclusion

« Immortelle randonnée » est un livre fascinant d’aventures de randonnées sur un chemin de pèlerin, il est étonnamment rempli d’humour et d’anecdotes qui font que l’on se sent proche de l’auteur. Je me demande qui, à la lecture de ce livre, n’a pas rêvé de s’élancer à son tour sur ce chemin. Cet ouvrage  m’a permis de découvrir l’auteur avec qui je compte poursuivre mon chemin livresque. Ce fut une excellente lecture inattendue.

« Far Away », Jean-François et Maryse Charles et Gabriele Gamberini

far Away BD drame

Titre : Far Away, 144 pages
Auteurs : Jean-François Charles et Maryse Charles
Dessins : Gabriele Gamberini
Edition : Glénat
Parution : mars 2011
Genre : BD – Drame
ISBN :13-978-2723475105

Résumé :

Martin Bonsoir est chauffeur routier. Un soir, alors qu’une tempête de neige bat son plein, son camion se retrouve coincé dans un coin du Québec et Martin trouve refuge chez Esmé, une veuve qui vit dans une maison isolée. Le deux individus sympathisent et Esmé demande à Martin de partir sur la route avec lui…

Mon avis :

L’histoire est simple, les personnages sont communs et ne présentent aucun attrait particulier mais l’histoire devient de plus en plus émouvante au fur et à mesure de l’avancement de la lecture. Je l’ai cependant trouvée beaucoup trop en retenue, une retenue qui empêche le lecteur d’éprouver de l’empathie envers  les deux personnages principaux.
J’ai apprécié l’hymne aux immensités des espaces interminables américains parfaitement restitués et à la variété des paysages. Cependant le véritable attrait de cette BD ne se révèle que si l’on arrive à passer outre l’histoire banale et à s’attacher aux dessins.
En effet, les dessins de ce road-movie romantique sont sublimes, hyperréalistes au point d’être confondus avec des photos. Ils sont très fins, impressionnants et les couleurs représentées à merveille sont presque plus vraies que nature. Le voyage nous entraîne à la découverte des plaines du Minnesota en passant par le Mont Rushmore et le tout y est extrêmement bien rendu. Outre les paysages, les émotions des personnages passent essentiellement au travers des dessins et des couleurs .

Conclusion :

A condition de savoir passer outre l’histoire convenue et trop banale de ce road-movie et de ne s’attacher qu’au réalisme et à la beauté des dessins et des couleurs, j’ai trouvé que cette BD était une petite merveille au niveau du graphisme. Elle est un régal. Il est dommage que l’histoire trop simple n’en soit pas à la hauteur car elle aurait pu devenir mon coup de coeur de l’été 2014.

« La liste de mes envies », Grégoire Delacourt

la liste de mes envies Gregoire Delatour

Editions : Le Livre De Poche,  183 pages
Parution : 2013
Titre : La liste de mes envies
Auteur : Grégoire Delacourt
Genre : Littérature française contemporaine.

Synopsis :

Ne vous êtes jamais vous demandé ce que vous feriez si vous gagniez une grosse somme à un jeu de hasard ? Jocelyne, le personnage principal du roman est une femme simple. Après avoir renoncé à ses rêves de jeunesse,  elle s’est mariée à Jo avec qui elle mène une vie ordinaire. Elle aime sa mercerie, ses amies et lorsqu’elle gagne une grosse somme au loto elle ne sait pas quoi en faire, aussi, elle établit plusieurs listes : celle de ses besoins, celle de ses folies, celle de ses envies.

Mon avis :

L’écriture est très belle, vraiment très belle et l’histoire se lit rapidement. Elle est agréable et touchante mais pas forcément toujours réaliste et crédible : comment est il possible de gagner tant d’argent et d’avoir  l’idée de cacher un chèque dans une chaussure au fond d’un placard ?  J’ai trouvé cette réaction un peu étrange. Faut il considérer que le chèque représente le rêve et que ne pas y accéder revient à ne pas le briser ?
Un second point m’a dérangé durant ma lecture : j’ai eu l’impression, que l’histoire se déroulait de nos jours mais que Jocelyne vivait dans sa tête dans les années 1960 et ce décalage m’a perturbé à de nombreuses reprises.

La philosophie de ce livre est simple, elle pose la question omniprésente dans le roman de la relation entre l’argent et le bonheur et de notre capacité à être heureux avec ce que l’on possède : l’argent fait il le bonheur ? Peut il alimenter les rêves ou au contraire devenir un cauchemar ?  On s’attend à une réflexion beaucoup plus élaborée sur le bonheur et sur l’argent, or elle est traitée de manière simple accessible à tous les publics. Il faut retenir le message final à savoir que le bonheur se trouve dans les mille et une petites choses que l’on a constamment à portée  de la main, encore faut il savoir prendre le temps de regarder autour de soi pour s’en rendre compte et saisir ces instants éphèmères.

Je ne souhaite retenir qu’une citation à propos du bonheur , celle qui m’a le plus touché car je la trouve la plus représentative et la plus lucide du livre : « Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire » et qui démontre que l’argent ne fait pas le bonheur…(même si à mon humble avis il y contribue fortement).

Conclusion :

Ce roman a remporté un vif succès, et de ce fait, je m’attendais à plus complexe dans la réflexion et c’est aussi bien ainsi. Je ne peux pas dire que j’ai été déçue car j’ai beaucoup aimé ma lecture qui fut une lecture de vacances sans prise de tête ( je vous la recommande d’ailleurs ),  mais au vu de son succès j’attendais juste à ce qu’il se démarque davantage.