» Belle époque « , Elizabeth Ross

Belle epoque

Editions :  Collection R de chez Robert Laffont,  418 pages
Parution : 2013
Titre : « Belle Epoque « 
Auteur : Elizabeth ROSS

Quatrième de couverture :

LOUEZ UN FAIRE -VALOIR, VOUS EN DEVIENDREZ D’EMBLEE PLUS ATTIRANTE.

Paris, 1899, Maude Pichon s’enfuit à 16 ans de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage forcé et découvre Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’Exposition universelle. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi vite que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle :

ON DEMANDE,
Des jeunes femmes
pour faire un ouvrage facile.
Bienséance respectée.
présentez-vous en personne
à l’agence Durandeau,
27, avenue de l’Opéra, Paris.

L’agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le faire-valoir. Étranglée par la misère, Maude postule.

Mon avis :

Maude Pichon est une jeune bretonne qui décide de fuir sa Bretagne natale et l’avenir choisi par son père. Des rêves plein la tête, elle arrive à Paris où elle déchante rapidement et, où pour vivre, elle se trouve contrainte d’accepter un travail dont elle a honte, celui de repoussoir.

Dans cet ouvrage, peu de descriptions du Paris de la Belle Epoque, Paris m’a semblé oublié, pas intégré à l’histoire. Le contenu n’est pas exactement celui que j’imaginais au vu de la couverture et du titre. Le roman  tourne entièrement autour et relate un trait unique de société : celui des repoussoirs. Les repoussoirs sont de jeunes femmes embauchées comme dames de compagnie sur la base de leur physique ingrat permettant de mettre en valeur la beauté de dames riches qu’elles accompagnent . Elizabeth Ross s’étant inspirée de la nouvelle « Les repoussoirs » de Zola et j’ai trouvé l’idée d’insérer cette nouvelle en fin de livre originale car elle apporte un point de vue complémentaire au roman.

Ce livre m’a permis de découvrir un fait de société dont j’ignorais l’existence. J’ai tout d’abord été choquée de savoir, qu’à l’époque,  les services de la laideur pouvaient se monnayer mais j’ai apprécié la manière dont l’auteure a abordé le sujet. Si on peut reprocher à l’ouvrage de manquer de profondeur et un manque de développement des personnages on ne peut pas lui en vouloir d’avoir édulcoré la réalité. Pour un ouvrage classifié en Young Adult j’ai trouvé que le ton adopté était juste et que la romance discrètement présente rendait la lecture agréable en dépit du thème abordé.

L’histoire est facile et agréable à suivre, sans réelle surprise mais je ne me suis jamais ennuyée un instant durant cette lecture.  J’ai tourné les pages avec l’envie de suivre le destin de Maude et savouré l’histoire d’amitié entre Maude et Isabelle jeune femme déterminée et moderne pour son époque. L’histoire d’amour est sous-jacente, mais reste très discrète, elle n’est qu’évoquée brièvement et c’est aussi bien qu’elle n’y soit pas trop développée dans ce roman.
Les personnages sont attachants, Isabelle, jeune aristocrate plus attirée par la culture et les sciences que par les mondanités, et le contraste avec le caractère de Maude son repoussoir plus attirée vers les mondanités .

Vous comprendrez que malgré ma toute relative déception de n’avoir pas lu de descriptions du Paris de la Belle Epoque, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce roman,  à apprendre d’un trait de société que je ne connaissais pas . Je ne peux que remercier l’auteure d’être parvenue à traiter un tel sujet  avec autant de tendresse. 

 

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« Rose », Tatiana De Rosnay

Rose

Editions : Héloïse d’Ormesson , 247 pages
Parution : 2011
Titre :  » Rose « 
Auteur : Tatiana de Rosnay

Quatrième de couverture

Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d’Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d’expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu’au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet :  sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l’empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé.

Mon avis

J’avais quitté Tatiana de Rosay et « Spirales » avec un avis mitigé mais en gardant l’envie et la curiosité de découvrir un autre roman de l’auteure.  Lorsque j’ai eu l’occasion d’emprunter « Rose » à  ma médiathèque et je n’ai pas hésité une seconde.

Dès les premières lignes j’ai su que « Rose » serait différent de « Spirales ». Le style, l’ambiance du roman, les personnages n’ont rien en commun avec ceux de « Spirales ». J’ai apprécié les descriptions qui relatent parfaitement le Paris d’avant les grands travaux des boulevards et la lutte quotidienne de ses habitants contre ces travaux de rénovation entrepris par le Baron Haussmann. Les sentiments des parisiens luttant pour conserver leurs maisons et leurs souvenirs sont admirablement bien dépeints au travers du personnage principal du roman : Rose. J’ai trouvé la plume de l’auteur admirable et d’une grande sensibilité, parfaitement respectueuse de l’époque à laquelle le roman se déroule.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance touchante et teintée de nostalgie de ce roman, j’ai trouvé le personnage de Rose attachant cependant un peu froid envers son entourage.

Ce livre fut vraiment une excellente lecture, un coup de coeur. Ma seule réserve concerne la forme de l’ouvrage qui se présente sous une forme épistolaire, forme que je n’apprécie pas particulièrement. Cela n’engage que moi et n’enlève rien à la qualité de l’ouvrage.

Le sujet de ce roman m’a donné l’envie de redécouvrir Zola et notamment la Curée afin d’y recueillir sa vision contemporaine des faits.

J’ai beaucoup aimé ce roman, plein de tendresse et de nostalgie.